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America turns European… Et alors ?

Le titre de The Economist de début Janvier ne nous étonnera pas ; tout de même, si le titre ne recèle, à première vue, aucun jugement de valeur, le sous-titre est clair et lève tous les doutes: « a broken system, a lousy deal and no end in sight ». Pourquoi tant de h…..  au regard du patrimoine immatériel immense qu’ a apporté l’Europe aux Etats-Unis  et des interactions fortes qui irriguent les deux continents depuis ?

 

L’Europe a permis aux nouveaux Etats de se construire, en y apportant d’abord son capital humain : sur près de 40 millions d’immigrants entrés aux Etats-Unis entre 1820 et 1920,  près des trois quart sont venus d’Europe (9,4 millions d’Irlandais, 6,8 millions d’Allemands, 5 millions d’Italiens, 4,2 millions d’Austro-hongrois, 3,3 millions de Russes…), près d’un million par an au tournant du 19e siècle !

 

L’Europe a servi de fondement à l’architecture internationale qui structure le «soft» power américain : OTAN, FMI,… toutes ces institutions ont permis aux Etats-Unis de devenir une grande puissance par l’effet d’entrainement qu’ il avait sur le reste du monde, Europe en premier. L’intérêt du vice-président Biden pour l’Europe, comme en témoigne sa venue cette semaine à Munich est là pour le montrer, même si la polarité économique vers l’Asie est un aimant irrésistible. Les Etats-Unis savent où est la source de leur capital relationnel.

 

L’excellence américaine s’est révélée déterminante dans la constitution de son capital organisationnel. Que ce soit dans son architecture institutionnelle ou dans sa capacité  à structurer l’industrie (au début du 20e siècle avec le Fordisme ou à la fin du 20e siècle avec la Silicon Valley), les Etats-Unis ont inventé une approche originale.

 

Au début de ce 21e siècle, qu’est-ce que l’Europe peut encore apporter aux Etats-Unis ? Tout d’abord, la similitude de situation est forte ; le bonheur intérieur brut européen est supérieur à celui des Etats-Unis, un comble alors que la constitution américaine reconnait le droit au  Bonheur comme une finalité primordiale au même niveau que le droit à la propriété ! Voilà un bel actif immatériel à partager… Gageons que le nouveau secrétaire d’Etat américain, John Kerry, le « français », sera y remédier.

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