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La stratégie devient l’art de manager les actifs qu’on ne possède pas

Wal-Mart donne accès à son système d’approvisionnement aux fournisseurs, offrant ainsi une multitude d’informations en temps réel sur les préférences des consommateurs, et permettant des réductions de coûts. Microsoft ouvre ses outils et technologies, facilite la conception de logiciels et de programmes aux entreprises de son écosystème. Désormais, il ne suffit pas de construire son propre business model. Il faut anticiper et influer sur le business model de tout un écosystème, voire d’une diversité d’écosystèmes.


Qu’est-ce qu’un écosystème ? Originellement fondé sur une analogie biologique, l’écosystème introduit d’abord la notion de cohabitation et d’évolution de différents organismes interdépendants au sein d’un même système. Ces ‘organismes’ dépassent les seuls membres d’une même chaîne de valeur classique (tels que les fournisseurs et les distributeurs) puisque l’écosystème d’affaires inclut des sous-traitants, des institutions financières finançant une activité, des entreprises assurant un support technologique aux activités, des concurrents, des clients, des agences de régulation, des universités, des médias, … Un écosystème peut donc être défini comme la concentration, géographique ou non, d’entreprises liées entre elles, de fournisseurs spécialisés, de prestataires de services, et d’ institutions (universités, agences de normalisation ou organisations professionnelles, par exemple) dans un domaine particulier, qui s’affrontent et coopèrent.


Un écosystème peut être fonctionnel (une filière professionnelle), sectoriel (pôle de compétitivité), territorial (activités agroalimentaires liées à une appellation), d’intérêt général (éco emballages pour le recyclage), d’innovation (Paris Sud Saclay), …


Pourquoi est-ce important pour les entreprises ? Parce que faire partie d’un écosystème vivace, c’est accéder à un facteur supplémentaire de croissance. Les nouveaux facteurs de production, partagés au sein d’un écosystème, sont marginalement le capital matériel, le capital financier ou le travail. Ce sont avant tout des forces immatérielles. Parmi les réussites, on peut citer en France les bateaux de plaisance en Bretagne, Poitou-Charentes ou Pays de la Loire, le « domaine de la glisse » à Hossegor, les arômes alimentaires à Grasse, etc… Dans le même temps la liste est longue des territoires en quête de cohérence économique.


Une étude en particulier, parue en juin dernier, constitue un véritable plaidoyer en faveur d’une action locale fondée sur les réseaux d’entreprises : « Les entreprises du secteur compétitif dans les territoires. Les déterminants de la croissance », de Denis Carré et Nadine Levratto, réalisée à la demande de la Caisse des Dépôts et Consignations et de l’Assemblée des Communautés de France.


L’étude montre que les 26 Millions d’emplois en France sont répartis en 304 zones d’emploi. Et 27% de ces emplois sont situés dans des territoires en croissance globale, où les trois paramètres suivants sont positifs :

  • Un « effet local » : la concentration de facteurs tels que l’accès à des compétences rares, l’identité régionale, la réputation, la culture, les comportements, l’intensité de la coopération entre les acteurs, etc., …
  • Un effet structurel : la dynamique liée au portefeuille d’activité sur la zone considérée
  • La croissance réelle observée

En revanche, 40% des emplois sont situés dans les territoires en difficulté, où les trois paramètres sont négatifs.


Enfin, seules 38 zones d’emploi présentent un effet local de signe différent de celui de la croissance relative observée. La corrélation est ainsi très forte entre « effet local » et croissance des entreprises.


Dans ce contexte, et à l’occasion de la 5ème Journée Nationale des Actifs Immatériels, le 29 octobre 2013, au Centre Pierre Mendès-France à Bercy, s’est tenue une table ronde sur : « les actifs immatériels au cœur de la vitalité des écosystèmes ». Animée par Jérôme Julia, elle rassemblait 4 grands témoins :

  • France Cubas Loyauté, Directeur Chargée de mission auprès de Véronique Rouzaud, DRH du Groupe Areva
  • Pierre Pelouzet, Médiateur des relations interentreprises auprès du Ministère du Redressement productif
  • Patrick Cocquet, Délégué Général du pôle de compétitivité Cap Digital
  • Christophe Lecante, fondateur de TecKnowMetrix, et Vice-Président Innovation du Comité Richelieu



Retrouvez la vidéo de cette table ronde :


Journée Nationale des Actifs Immatériels « Les actifs immatériels, levier de la compétitivité de la France » – Partie 4

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Posté par lesimmaterielsactifs.com
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