< Retour

La vraie richesse des nations

Deux centre trente-quatre milliards d’euros : c’est l’indemnité que la Cour des Comptes italienne demande début février 2014 aux trois agences de notation Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch pour avoir dégradé de manière « injustifiée » la note accordée aux titres d’Etat italien.

En 2011 en effet, les trois agences de notation avaient attribué aux obligations italiennes une cotation très abaissée, qui aurait coûté 117 milliards d’euros à l’Etat et aurait précipité la chute du gouvernement. Selon la Cour des Comptes italienne, ces agences auraient omis de tenir compte dans leur évaluation des trésors artistiques et culturels du patrimoine de l’Etat italien : monuments historiques (Colisée, Pompéi, chapelle Sixtine, …), littérature, cinéma (La Strada, Le Guépard, La Dolce Vita, …), … Les trois agences ont accusé réception de ces reproches qualifiés de « sans fondement ». Le parquet italien examinera les poursuites possibles en février.

 

Cette histoire met en lumière les limites des indicateurs classiques lorsqu’il s’agit de capter la véritable valeur des institutions. Depuis des décennies, les gouvernements sont obnubilés par deux indicateurs : le PIB et la croissance. Le PIB focalise pourtant depuis longtemps les critiques, au point que le précédent président de la République française avait créé la Commission Stiglitz pour proposer des indicateurs alternatifs. La notion de croissance, elle, fait largement consensus, alors qu’elle représente de moins en moins l’amélioration du bien-être des populations, et que la recherche de croissance à tout prix a des effets secondaires de plus en plus préoccupants. Pourquoi les gouvernements restent-il accrochés à ces deux critères s’ils sont dépassés ? Une des causes reste naturellement que la croissance aide les gouvernements à équilibrer leurs budgets.

 

Augmenter l’analyse par une mesure régulière de la vitalité des actifs immatériels des nations semble être une voie à explorer pour sortir de l’impasse. Est-ce possible de gouverner sans avoir l’œil rivé sur la croissance du PIB ? C’est en tout cas nécessaire.

Posté par lesimmaterielsactifs.com
0 Commentaire(s)

Écrire un commentaire

Question de sécurité * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.