< Retour

Le fiscaliste plus vif que le manager à l’ère du digital ?

Une économie de l’immatériel faite d’algorithmes et de recettes publicitaires se constitue à grande vitesse. Selon une étude du BCG, la valeur totale des données personnelles des consommateurs européens a été estimée à 315 milliards pour 2011; elles pourraient valoir 1000 milliards d’euros en 2020.

 

Ceux qui doutent encore de la capacité à transformer un capital immatériel en argent frais trouveront là un exemple intéressant : des synergies entre un capital relationnelle (les visiteurs) d’une part et un capital organisationnel (les algorithmes, le savoir-faire technique, des brevets) d’autre part, naissent une capacité à créer de la valeur.

 

La « bande à GAFA » (Google, Apple, Facebook et Amazon) est particulièrement précurseur dans ce domaine; elle l’est aussi dans la capacité à échapper à l’impôt sur les sociétés !

 

Le fisc et les députés qui suivent ce dossier ont en revanche bien saisi les tenants et aboutissants de cette affaire. La fiscalité moderne a été conçue à un moment où le numérique n’existait pas; la base de la dernière innovation fiscale remonte aux années 50. Avec l’essor des trentes glorieuses se met en place en France la TVA par une loi du 10 avril 1954; elle rapporte aujourd’hui 130 Milliards € net, soit 6,5% du PIB et près de de la moitié des recettes nettes du budget général de l’Etat ! Cette proportion est analogue dans l’ensemble de l’Union Européenne où le taux moyen est similaire à la France, soit 20%.

Une petite taxe sur une masse de 1000 milliards au niveau européen (à comparer avec la consommation des ménages en Europe de 5000 milliards) fait réfléchir et saliver dans beaucoup de ministères européens.

 

La proposition du sénateur Marini de comptabiliser le nombre de clics et de taxer les entreprises du numérique sur cette base, montre en tout cas non seulement l’ingéniosité française en matière fiscale mais aussi une très bonne compréhension des dynamiques économiques à l’œuvre!

 

Une histoire à méditer quant à la capacité des entreprises à s’insérer dans les nœuds informationnels en cours de création sur le web (réseaux communautaires, blog, marketplace, plateforme digitale).

 

Ces lieux de trafic seront clés pour créer de la valeur demain. Combien d’entreprises ont une juste vision de ces nouveaux réseaux qui se constituent ? Combien ont réévalué les moyens financiers, intellectuels et humains pour se faire une place sur ces nouveaux espaces ?

 

Rendre imposable la richesse immatérielle, serait-ce le prix à payer pour inciter les managers à s’en occuper ?

 

Le fiscaliste serait-il plus vif que le manager ?

Posté par lesimmaterielsactifs.com
0 Commentaire(s)

Écrire un commentaire

Question de sécurité * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.