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L’immatériel : le trésor redécouvert des collectivités territoriales

Après Bordeaux, Paris-Sud, Montpellier, Troyes, et bien d’autres, l’Université d’Auvergne à Clermont-Ferrand se met à l’heure de l’immatériel.

 

Les 3 et 4 avril dernier, les étudiants du Master II « Droit, Économie, Gestion des Collectivités Territoriales » de l’Université d’Auvergne, sous la conduite de Charles André DUBREUIL, Professeur de droit public, ont organisé un colloque sur le patrimoine immatériel des collectivités territoriales.

 

Les contributions ont été très riches et éclectiques :

 

–          Danielle Bourlange, de l’APIE (Agence pour le Patrimoine Immatériel de l’Etat), a rappelé par de multiples exemples comment les acteurs publics valorisent leurs immatériels et génèrent ainsi des ressources supplémentaires : Le Louvre Abou Dhabi, Le Louvre Lens, l’Institut National de d’Audiovisuel, la Monnaie de Paris en constituent des cas spectaculaires et médiatisés

–          Jean-Jacques Casteret, Ethnomusicologue, Responsable du Pôle Culture & Société à l’Institut Occitan d’Aquitaine, a présenté une analyse anthropologique des actions locales autour du patrimoine immatériel visant à dynamiser les territoires. Selon lui, avec l’avènement du patrimoine culturel immatériel, le rapport aux valeurs patrimoniales a changé : il n’est plus tant ce que l’on possède mais ce qui nous constitue. Par exemple l’envie de faire le carnaval, sa mémoire vivante au-delà de sa pratique, ou bien les bandas, petits orchestres informels, festifs et sportifs. La reconnaissance du PCI serait une façon de réintroduire la communauté dans la société

–          Jean-Yves Gouttebel, Président du Conseil général du Puy-de-Dôme, a milité pour l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de la Chaîne des Puys et de la faille de Limagne

–          La dématérialisation des archives a fait l’objet d’un débat spécifique. Des actes d’état civil aux cadastres, en passant par des enregistrements audiovisuels du vieux parler régional, de nombreux documents disparaissent à tout jamais, privant les générations futures de ce patrimoine. La dématérialisation par la numérisation sauvegarde et nourrit le patrimoine immatériel des collectivités territoriales. Il n’en demeure pas moins que cette technique suscite des interrogations qui peuvent conduire à des contentieux

–          Le patrimoine culturel vivant de l’Auvergne a été mis à l’honneur (musique traditionnelle, festival de cinéma du court-métrage, …), ainsi que les savoir-faire traditionnels et métiers du terroir (coutellerie de Thiers, gastronomie, fromages de Saint Nectaire,…). Le patrimoine gourmand, ça existe !

–          Le Conseil Régional d’Auvergne a présenté l’outil « culture Open Data », destiné aux usagers, chercheurs, associations et entreprises innovantes, dans une démarche de libération progressive des données

–          La programmation du marketing territorial de l’Auvergne a été présentée, comme illustration d’une véritable stratégie de développement économique de la Région. « Auvergne nouveau monde » est une des marques régionales françaises les plus développées

 

Vous pouvez retrouver les actes numériques du colloque sur le site de l’IADT (Institut d’Auvergne du Développement des Territoires) :

 

http://iadt.fr/ressources/le-patrimoine-immateriel-des-collectivites-territoriales.html

 

A l’issue de ces deux journées, il apparaît que la fierté d’origine et d’appartenance à une culture locale constituera incontestablement pour les jeunes générations un moteur puissant pour revitaliser les actifs immatériels économiques des territoires.

 

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